Mental24 juillet 2026
Étreindre le bas du tableau
Soyons honnêtes : à Budapest, je serai dans le bas du tableau. Peut-être tout en bas. Les séries du matin, celles où les chrono s'affichent avec un chiffre de plus que les autres.
J'ai longtemps cru que ça me poserait un problème. Ça n'en pose plus. Les mondiaux masters ne sont pas une fête des vainqueurs — c'est une fête de ceux qui sont restés. Rester dans l'eau à 40 ans, 50 ans, 80 ans, c'est déjà la victoire que personne ne décerne.
Mon objectif n'est pas un podium. C'est un départ. Le bip, le plongeon, huit nageurs, et moi au milieu d'eux, légitime. Le bas du tableau n'est pas une honte : c'est la preuve que le tableau accepte encore de me compter.
Alors je l'étreins, ce bas du tableau. Il m'attendra à Budapest. Et moi, je nage vers lui.